Si les États membres des Nations unies devaient se rencontrer aujourd’hui, on peut douter qu’ils adopteraient une déclaration aussi progressiste que la Déclaration universelle des droits de l'homme. © Nations unies.
Si les États membres des Nations unies devaient se rencontrer aujourd’hui, on peut douter qu’ils adopteraient une déclaration aussi progressiste que la Déclaration universelle des droits de l'homme. © Nations unies.

Édito Un précieux héritage

Par Julie Jeannet - Article paru dans le magazine AMNESTY n° 95, Décembre 2018
Partout dans le monde, des dirigeants hostiles aux droits humains arrivent au pouvoir. Septante ans après sa rédaction, la Déclaration universelle des droits de l'homme aurait-elle pu voir le jour dans le contexte actuel?

L’élection de Jair Bolsonaro à la tête du Brésil a plongé des millions de personnes dans l’effroi. Cet ancien militaire, nostalgique de la dictature, vient élargir le club des dirigeants ouvertement hostiles aux droits humains. Matteo  Salvini en Italie, Viktor Orbán en Hongrie, Donald Trump aux États-Unis: autant d’hommes forts qui n’hésitent pas à  attaquer les libertés fondamentales. Tels des flèches empoisonnées, actes et discours de haine viennent meurtrir l’idéal universel des droits humains qui fête ses septante  ans le 10 décembre 2018.


La Déclaration universelle des droits de l’homme garde pourtant toute sa pertinence. Celle et ceux qui ont contribué à sa rédaction étaient de grands visionnaires. Universalité et indivisibilité des droits, protection contre la tentation du relativisme culturel, rien n’a été oublié. Il s’agit d’un texte essentiel qui sert toujours de base à la défense des droits fondamentaux aux quatre coins du globe.


Si les États membres des Nations unies devaient se rencontrer aujourd’hui, on peut douter qu’ils adopteraient une déclaration aussi progressiste. Les plus pessimistes affirment que notre époque a des relents des années trente. La grande différence est que nous bénéficions aujourd’hui d’un fantastique bouclier: la Déclaration
universelle des droits de l’homme.


Écologistes, féministes, communautés homosexuelles, bisexuelles, transgenres ou intersexes, syndicats,  abolitionnistes de la peine de mort, notre mouvement de défense des droits humains est immense. Profitons de cet anniversaire pour redoubler d’efforts. Célébrons les septante ans de cette déclaration en brandissant ses valeurs universelles. Il s’agit d’un très précieux héritage. Face aux tentatives de division, faisons retentir la solidarité. La Déclaration universelle des droits de l’homme nous protège, à notre tour de la protéger!